BIRDS OF PREY : Plus forte que Wonder Woman ?

Après un Joker sombre et magistral sorti en fin d’année dernière, Warner Bros Pictures change de registre et opte pour le fun coloré façon licorne à paillettes ! Harley Quinn s’émancipe de sa Suicide Squad en quittant le prince du crime, mais en perd son immunité auprès des autres criminels de Gotham. Ne serait-il pas temps pour elle de trouver de nouveaux alliés (et d’aller voir un psy, au passage) ?

DC DANS TA GUEULE

Quelque chose saute aux yeux dés l’intro du comic-book movie : sa prétention visuelle. La réalisatrice Cathy Yan prend visiblement plaisir à jouer avec toutes sortes de couleurs : décors, costumes, ambiances … La photographie signée Matthew Libatique (ayant déjà bossé sur The Fountain et Black Swan) relève sans mal le niveau face aux dernières productions super-héroïques. Véritable peinture mouvante, Birds Of Prey assume un style pop-art bienvenu, créant là son premier point fort.

Le deuxième ? Une première partie diablement efficace. La voix off méta, qui agacera sûrement certains, permet de se plonger pleinement dans le ciboulot un peu fêlé de l’arlequine. Personnage né sur les écrans télé en 1992 (Batman la série animée) et non dans les comics, Harley Quinn (interprétée par une Margot Robbie plus en forme que jamais) donne le tempo : un rythme frénétique et non linéaire qui dynamise d’office l’entrée en matière. Le film semble bien parti … Mais ne suit malheureusement pas le rythme. Aïe !

Une narration anachronique qui éclate le récit peut déplaire voir fatiguer. Entre montage épileptique, rembobinages, arrêts sur image ou intervention face caméra de la narratrice (en l’occurrence Harley), Cathy Yan prend le risque de perdre le spectateur. Ce n’est pas un souci en soi si la chose est assumée comme un parti pris (Coucou Deadpool !), cela peut se respecter … Mais ce n’est malheureusement pas le cas ici. Birds Of Prey délaisse rapidement son sympathique côté schyzo en ramollissant sa deuxième partie à l’aide d’une narration plus convenue, perdant ainsi de sa puissance.

Heureusement, on peut remercier Chad Stahelski (John Wick) côté baston ! Claires voire amusantes, les chorégraphies des combats semblent inspirées même si elles abusent parfois du ralenti. Pas de supers-pouvoirs à la Avengers ici, mais un tas d’accessoires surprenants (batte de base-ball, poche de cocaïne, téléphone, rollers) utilisés avec originalité et badasserie. Les tibias craquent, les têtes saignent, les coups font mal et ça fait plaisir ! Le R-Rated (Interdiction au moins de 17 ans aux États Unis) qui manquait à Suicide Squad en contentera plus d’un, même s’il se révèle plus soft qu’escompté.

DC PEUT MIEUX FAIRE

Aussi divertissant qu’il soit, Birds Of Prey s’inscrit également dans la continuité de l’ère #metoo, mettant les femmes fortes au premier plan. Il y est ici question d’émancipation (comme énoncé dans le sous titre VO, The fantabulous emancipation of one Harley Quinn) et d’indépendance suite à une rupture amoureuse, ou comment s’affranchir de l’Homme avec un grand J (Le Joker tête d’ânes !). Le message est clair, quitte à manquer quelquefois de subtilité (This is a maaaaan’s world !) mais a le mérite d’être bien amené.

En ce qui concerne les nouvelles acolytes d’Harley … Les fameux « oiseaux de proie » font malheureusement pâle figure, Black Canary & The Huntress (interprétées par les charismatiques Junee Smollett-Bell et Mary Elizabeth Winstead) ne faisant que de la figuration de luxe. Dommage, les personnages en question ont pourtant un fort potentiel. Le film porterait-il mal son titre ? Ce n’est pas un hasard si la production a décidé de le renommer Harley Quinn : Birds Of Prey une semaine à peine après sa sortie, suite à un box office quelque peu décevant …

On passera également sur la bande originale vite étouffante, digne d’un clip MTV, qui s’efforce d’appuyer le côté cool attitude du show. On est loin des choix musicaux de James Gunn et ses Gardiens De La Galaxie, mais après tout ce n’est pas ce qu’on lui demande non plus.

Il n’empêche que le dernier DC reste une fable cartoonesque en totale adéquation avec son personnage central, sorte de parenthèse bubble-gum version arc-en-ciel dans un univers super-héroïque (le DCEU) qui en avait grandement besoin. L’étiquette soft-reboot de Suicide Squad lui collera sans doute longtemps à la peau, mais est ce un mal pour autant ?

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