LA CASA DE PAPEL Saison 4 : La saison de trop ?

la casa de papel saison 4 geeklic.com critique

Lancée en 2017 sur la chaîne privée espagnole Antena 3, La Casa De Papel a rapidement su devenir un véritable phénomène international (merci Netflix) en imposant sa propre relecture des codes du braquage sous adrénaline. L’histoire de base est on ne peut plus simple : un homme mystérieux surnommé le Professeur (l’excellent Alvaro Morte) planifie le meilleur casse jamais réalisé en recrutant huit des meilleurs malfaiteurs du pays.

PUISSANCE 4

S’ensuit un récit choral mélangeant huis clos (le braquage) et flashbacks concernant la mise en place du plan et le passé des personnages. Un procédé des plus efficaces qui permet de tenir en haleine sur la longueur … mais pour encore combien de temps ? Car après une troisième saison reçue de manière plus mitigée que les deux précédentes, inutile de préciser que la quatrième, attendue au tournant, débarque dans un contexte bien particulier : celui de justifier son existence.

Le rachat de Netflix avait clairement annoncé la couleur dés le troisième chapitre : plus d’enjeux, plus de moyens, plus d’ambition pour un renouvellement d’intrigue certes bienvenu, mais pas forcément nécessaire. Car en passant du casse de la Fabrique de la monnaie à celui de la Banque d’Espagne, la série prend ainsi le risque de se répéter, voire de lasser. Alors que le show aurait très bien pu se conclure de manière satisfaisante à la fin de sa seconde saison, certains n’ont pu s’empêcher d’y voir là un opportunisme à peine voilé de la part de la plateforme, cherchant à le prolonger pour mieux surfer sur son succès.

Mais force est de constater que La Casa De Papel parvient tant bien que mal à maintenir l’illusion, optant pour une ironique mise en abîme de son propre triomphe (les braqueurs sont aussi célèbres dans la fiction que la série dans la réalité). Un point de vue pas inintéressant, qui permet de mieux apprécier le goût de retrouvailles entre vieux potes qui s’en dégage. Le renouvellement quelque peu forcé de l’intrigue devient alors une force, le show étant tout à fait conscient de ses qualités quitte à en pousser tous les curseurs : une cadence frénétique à la limite de l’épilepsie, des cliffhangers toujours plus haletants que les précédents, des rebondissements à couper le souffle … La quatrième saison ne déroge bien sûr pas à la règle.

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NI VU NI CONNU

Si l’on remarque une évidente baisse de rythme lors de ses quatre premiers épisodes, plombés par quelques intrigues poussives à la sauce soap (les querelles de Monica et Denver, la jalousie de Tokyo envers Rio), c’est avant tout pour mieux placer ses pions en direction d’un climax des plus explosifs. Preuve qu’elle en a encore dans le pantalon, La Casa De Papel abat ainsi ses cartes à la vitesse d’un parfait illusionniste (« C’est qui David Copperfield ? C’est pas Harry Potter le magicien ? » Meilleure réplique !), renouant de ce fait avec ce qui fit son succès : un enchainement non-stop de twists plus ahurissants les uns que les autres.

La série va même jusqu’à lorgner du côté de Game Of Thrones concernant l’immunité de certains de ses personnages (qu’on pourrait penser hors d’atteinte), assurant le choc. Si quelques ressorts dramatiques peuvent paraître un peu (beaucoup ?) tirés par les cheveux, le spectateur n’aura cependant pas le temps de s’en apercevoir : embarqué dans l’action aux côtés de personnages auxquels il s’est attaché grâce aux flashbacks, il n’a ni le temps ni le recul nécessaire pour distinguer les facilités scénaristiques. Un coup de maître permanent qui toutefois divise et met en garde : à défaut de chopper le syndrome de Stockholm, le show ne serait-il pas à deux doigts d’avoir celui de Prison Break ?

En effet, difficile de ne pas se heurter aux limites de son propre concept, et ainsi d’égaler la qualité des premières saisons … Pourtant, si certaines séquences peuvent jouer la surenchère, La Casa de Papel s’en tire avec un argument de taille : ne jamais mentir sur ses prétentions, et continuer d’assurer le spectacle, aussi grandiloquent qu’il soit. Pari tenu !

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1 thought on “LA CASA DE PAPEL Saison 4 : La saison de trop ?

  1. « optant pour une ironique mise en abîme de son propre triomphe  » –> d’autant plus intéressant quand on sait que la série a eu (comme tu le dis très bien) deux nouvelles saisons uniquement pour les retombées financières assurées à Netflix et que, dans le même temps, elle est devenue un symbole de… l’anticapitalisme ! Cynisme, quand tu nous tiens.

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