THE MANDALORIAN : Pourquoi la série redore le blason Star Wars

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Diffusée outre-atlantique sur Disney + en novembre 2019 à raison d’un épisode par semaine, The Mandalorian débarque aujourd’hui sur les écrans français. L’occasion de revenir sur un show pépite, survivant d’un univers pourtant surexploité, qui se paie tout de même le luxe de revenir aux racines de l’une des plus grandes sagas du 7ème Art.

PLUS CLASSIQUE ET PLUS EFFICACE QUE LA DERNIÈRE TRILOGIE ?

Première série live action estampillée Lucasfilm, The Mandalorian avait de base une double responsabilité, à la fois économique et artistique : être la figure promotionnelle de la nouvelle plateforme Disney +, et relancer l’intérêt de Star Wars aux yeux d’un public mitigé face à la dernière trilogie en salles. Et c’est en prenant la plupart des attentes à contre courant que le show de Jon Favreau (Iron Man, Le Roi Lion) va s’en tirer haut la main, surprenant d’entrée de jeux par une étonnante sobriété là où beaucoup attendaient une sorte de Game Of Thrones spatial.

Alors que L’Ascension de Skywalker s’amuse à jongler avec des enjeux vertigineux pour assurer le grand spectacle (au risque d’abandonner toute cohérence et identité), The Mandalorian préfère jouer la carte de la simplicité voire du classicisme. Suivant les voyages d’un chasseur de primes solitaire dans les contrées les plus éloignées de la galaxie, le show nous présente un héros masqué calme et taiseux, dont on ne verra quasiment jamais le visage. Cape et blaster accroché à la ceinture, il ne lui manque plus qu’un bon cigarillo pour ressembler au parfait cow-boy errant dans un Far West intergalactique.

Car la deuxième particularité de la série, outre son superbe visuel particulièrement abouti, réside bel et bien dans ses inspirations : un véritable hommage aux films de Western de Sergio Leone, qui s’orchestre jusqu’au thème de son entêtant générique signé Ludwig Göransson (dejà derrière la BO de Black Panther), rappelant les ambiances d’un certain Enio Morricone. Un retour en arrière frappant, qui prouve à quel point The Mandalorian cherche à aborder son matériau de base sous un angle différent des dernières trilogies cinématographiques.

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QUAND TOUT EST UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE

Preuve que le public peut encore s’enthousiasmer pour d’autres héros que la famille Skywalker, le show marque une volonté évidente d’équilibre entre innovation et tradition. Sa construction scénaristique et narrative en est un parfait exemple, s’appuyant sur un concept disparu depuis des lustres, qui veut que chaque épisode soit autonome et y déroule une intrigue linéaire.

Même si la saison contient tout de même un fil rouge en arrière plan (la protection du fameux trop choupi Baby Yoda), ces « aventures de la semaine », excédant rarement la demi-heure, favorisent une variation de styles des plus appréciables : film de braquage, de guerre, de western spaghetti ou encore de samouraï, les genres défilent sans ménagement et nous rappellent ainsi les premières influences pulp de la trilogie originale dans les années 70. Chaque épisode peut donc s’apprécier comme un court métrage d’une simplicité volontaire, le spectateur n’ayant plus l’impression de regarder un film de 8h comme chez Netlfix.

Impossible également de ne pas évoquer la direction artistique, esthétiquement soignée, qui se rapproche sans mal des films originaux grâce à ses décors en dur et ses créatures souvent animatroniques. The Mandalorian ne cherche visiblement pas à réinventer l’univers de George Lucas, mais seulement le prolonger, l’ouvrir vers l’extérieur en embrassant son héritage imaginaire et aventurier, là ou celui de la postologie semble se renfermer sur lui même.

Le personnage principal symbolise à lui seul ces prétentions : héros sans nom ni visage, il accentue ainsi une certaine notion de mythe, propre à la saga originale. La Force y retrouve également sa fonction première, entourée d’une aura fantastique et mystérieuse grâce à une utilisation modérée de ses pouvoirs, comparée à la facilité de ses effets usés dans les derniers films.

The Mandalorian est donc probablement ce qui pouvait arriver de mieux dans la franchise depuis la fin de la première trilogie en 1983 : loin du produit calibré que l’on pouvait attendre, la série apporte un véritable supplément d’âme à une saga qui se semble encore se chercher. Mais surtout, elle donne avant tout l’impression d’une bonne balade revigorante au sein d’une galaxie très très lointaine, mais ô combien familière …

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