REMAKES / REBOOTS : Comment Hollywood est devenue une vraie machine à recycler

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Devenu un mode opératoire commun dans l’industrie cinématographique contemporaine, le remake n’a jamais été aussi présent sur nos écrans ces dernières années. Véritable recyclage des formes, récits et images dans lequel s’inscrit la large production hollywoodienne, il représente tour à tour aussi bien l’hommage, le renouvellement d’une œuvre, mais aussi le transfuge d’une économie devenue paresseuse.

A l’heure où les nouvelles adaptations de films à succès pullulent dans les salles obscures, il est difficile de ne pas remarquer comment s’est imposée dernièrement l’une de ses formes les plus connues : le reboot. Mélange de suite (à l’œuvre originale) et de remake non avoué (en recontextualisant notamment l’époque, le lieu et souvent le casting), cette pratique semble être devenue la principale figure de proue d’un univers du divertissement en mal de nouveautés : Jurassic Park devient Jurassic World, Alien revient en Convenant et Prometheus, Star Wars se prolonge en univers étendu et Terminator s’offre une remise à niveau avec Dark Fate … Ou comment Hollywood est devenue une véritable machine à recycler ses plus grandes sagas, pour le meilleur et (souvent) pour le pire …

STAR WARS

En 1977, George Lucas bouleverse l’industrie du cinéma hollywoodien avec la sortie de Star Wars : Un Nouvel Espoir, premier épisode d’une trilogie spatiale qui instaure ni plus ni moins l’ère des grands blockbusters, deux ans après le succès des Dents de la Mer de Steven Spielberg. Revisitant les figures héroïques mythiques par le biais de la science fiction, le réalisateur déjà derrière American Graffiti y développe un univers créatif regorgeant d’inventivité, adoré par des millions de fans dévoués et décliné en milliers de produits dérivés.

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L’épisode 4 (bien qu’il s’agisse du premier film sorti en salles) marque ainsi une nouvelle conception technologique des effets spéciaux, qui influencera tout un pan du cinéma fantastique. L’Empire Contre Attaque (épisode 5), souvent considéré comme le meilleur opus, viendra en 1980 confirmer la puissance et le succès de la saga en enchaînant les séquences cultes (« Je suis ton pèèèère« ) avant de se conclure en apothéose sur le très apprécié Le Retour du Jedi (épisode 6) en 1983.

Mais c’est en 1999 que les choses commencent à se gâter : après 16 ans d’absence, La Menace Fantôme (épisode 1) débarque sur les écrans, symbolisant une nouvelle ère numérique ultra critiquée. Au delà d’un aspect familial sur-appuyé (coucou Jar Jar Binks !), l’épisode 1 divise quand à son aspect visuel baveux, illustré par une overdose de CGI là où la trilogie originale prônait, certes par manque de choix à l’époque, les décors en dur et les maquillages ou autres animatroniques.

L’Attaque Des Clones (épisode 2) ne relève malheureusement pas le niveau en 2002, la faute à une histoire d’amour fade entre les personnages d’Anakin et Padmé mise au premier plan et une interprétation jugée inégale de la part de son acteur principal Hayden Christensen. La magie de la saga semble alors s’entacher face à un public qui a de plus en plus de mal à retrouver l’authenticité de la première trilogie.

Loin de faire l’unanimité, la prélogie retrouve cependant quelques couleurs avec l’arrivée de La Revanche des Sith (épisode 3) : probablement l’opus le plus important de la franchise, le sixième film nous montre la très attendue transformation d’Anakin Skywalker en Dark Vador, basculant l’intrigue dans un ère sombre et obscure bienvenue, ou comment un homme promis à un grand avenir devient le plus grand méchant de l’histoire du Cinéma.

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C’est en octobre 2012, suite au rachat de la licence par Disney pour 4 milliards de dollars (une bagatelle voyons !), que les doutes sur la capacité d’un nouvel actionnaire à poursuivre l’œuvre de George Lucas sans la dénaturer se multiplient. Même si l’intégration de Star Wars par la firme aux grandes oreilles a commencé bien plus tôt (l’attraction Star Tours ayant pris place à Disneyland en 1987), l’arrivée du Réveil De La Force (épisode 7) de JJ Abrams en 2015 divise. Retour aux sources apprécié quand à son visuel plus authentique (un meilleur équilibre entre numérique et effets réels), le long métrage comporte toutefois un défaut majeur : son statut de remake inavoué de l’épisode 4. Faire du neuf avec du vieux, d’accord … Mais encore faut-il ne pas tomber dans la facilité, car jouer sur la fibre nostalgique et abuser du fan service ne peut fonctionner indéfiniment.

Débarque alors Les Derniers Jedis (épisode 8) de Rian Johnson en 2017, qui marque la plus violente scission auprès d’un public déjà partagé. Techniquement parlant, le film est une véritable réussite mais se heurte à un manque de rythme évident, multipliant les sous intrigues dispensables (Finn et Rose au Casino par exemple). Mais ce sont avant tout ses choix narratifs qui opposent fermement les fans : les origines de Rey, le traitement de Luke, le sauvetage de Leia, le destin de Snoke … Entre déni et déception, le public accepte difficilement les prises de risque du scénario (alors que l’inverse était justement reproché à l’épisode précédent), une grande partie des spectateurs allant même jusqu’à désavouer le film.

C’est dans ce contexte tendu qu’arrive en 2019 L’Ascension de Skywalker (épisode 9), à nouveau réalisé par JJ Abrams après le renvoi de Colin Trevorrow pour différents artistiques. Sensé boucler la trilogie de trilogies, le dernier opus porte donc la lourde et impossible tâche de réconcilier le public avec l’ensemble de la saga en concluant l’arc fondamental de l’univers imaginé par George Lucas. 1,058 milliard de box-office mondial plus tard, le film est un succès économique (toutefois moindre comparé aux volets précédents) mais obtient une réception critique encore divisée : alors qu’il débute par un carton d’introduction si étonnant qu’il donne l’impression d’avoir raté un épisode entier, le long métrage enchaine un scénario sans grandes surprises qui rentre dans les clous pour faire plaisir aux plus nombreux.

La dernière trilogie se termine donc dans une indifférence quelque peu bâtarde, la faute à un manque flagrant de planification scénaristique sur le long terme de la part du studio : les choix osés de l’épisode 8 se retrouvent par exemple non assumés dans l’épisode 9, créant là une incohérence narrative évidente. S’illustre donc un désintérêt croissant pour la franchise cinématographique, là où la série The Mandalorian semble au contraire réunir les foules sur Disney + (Chronique écrite ici, Critique vidéo ici).

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ALIEN

C’est en 1979 que Ridley Scott bouscule le genre SF avec Alien Le Huitième Passager, suivant la lutte d’un équipage spatial face à une créature inconnue qui semble les décimer les uns après les autres. Brisant les codes habituels du film de monstre grâce à un sens du réalisme rarement atteint, le film engendre la peur par le biais d’un prédateur symbolisant la fin de toute humanité, de son absence totale d’empathie jusqu’à l’acide qui coule dans ses veines. Sans yeux ni pitié car fidèle à sa logique primaire, le fameux xénomorphe imaginé par Hans Ruedi Giger incarne alors un tout nouvel idéal de terreur dans les salles obscures, offrant ainsi une vision plus sombre du genre SF récemment popularisé par Star Wars. Ridley Scott étant parvenu à y construire un univers incroyablement crédible, son film finit par marquer voire traumatiser toute une génération, méritant de ce fait son statut d’œuvre culte.

Face à un tel succès surprise, impossible de ne pas envisager une suite. Et c’est le célèbre James Cameron, alors popularisé par le récent Terminator, qui s’empresse d’en assurer l’écriture et la réalisation, signant un véritable film de guerre aux antipodes du premier opus … qui fonctionne à merveilles ! Au milieu d’un bataillon de marines plus ou moins macho, le réalisateur met en place un affrontement viscéral entre deux mères : l’héroïne Ripley (la parfaite Sigourney Weaver) qui cherche à sauver la petite Newt, contre la reine pondeuse des aliens prête à tout pour protéger sa progéniture. S’ensuit un duel final hautement symbolique particulièrement efficace et spectaculaire, élevant encore plus la saga naissante au rang de chef d’œuvre SF.

Mais les choses se compliquent en 1992 : le tournage du troisième opus réalisé par David Fincher, encore inconnu à l’époque (il réalisera plus tard le sombre Seven ou encore Fight Club), semble souffrir de profonds désaccords artistiques, au point que le réalisateur finisse par quitter le plateau, blâmant au passage un montage final qui n’est pas le sien. Bien qu’inégal suite à un remodelage compliqué (le film existe aujourd’hui en deux versions, la director’s cut et celle sortie en salles) ce troisième opus marque toutefois par son approche minimaliste et poisseuse, mais surtout grâce à un final bouleversant loin d’être anecdotique.

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Décrié pour avoir revisité le style de la saga, le quatrième volet Alien La Résurrection du français Jean-Pierre Jeunet (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, La Cité des Enfants Perdus) débarque en 1997 avec un objectif clair et couillu : réinventer l’univers de la franchise. Entre une Ripley plus sensuelle et reptilienne car liée biologiquement aux aliens, et une nouvelle créature apparaissant dans le derniers tiers du film, le long métrage remâche la mythologie instaurée par les premiers opus pour mieux y apporter son propre style. Après tout, chaque volet ayant été dirigé par un réalisateur différent, Alien La Résurrection trouve donc logiquement sa place au sein d’une saga délicieusement éclectique, bien que considéré comme le mal-aimé (à tort ?) de la quadrilogie.

L’impardonnable se produit en 2004 lorsque la Twentieth Century Fox cède à l’appel du mélange des franchises : Alien Vs Predator imagine un rituel initiatique où les deux célèbres créatures s’affrontent dans les vestiges d’une pyramide abandonnée. Mis en scène par Paul WS Anderson avec toute la subtilité qu’on lui connait (l’homme est déjà derrière le premier et bourrin Resident Evil), le long métrage irrite et agace, réduisant les xénomorphes au statut de monstres bêtes et méchants, loin de leurs glorieux et angoissants débuts. La parfaite symbolique d’un studio trop occupé par l’appât du gain pour réfléchir ?

Car l’arrivée de Alien Vs Predator : Requiem en 2007 finit par achever le peu qu’il reste de la franchise : suivant un groupe d’ados pourchassé par des aliens en Amérique du Nord suite au crash d’un vaisseau predator, le film tombe dans le ridicule, allant jusqu’à proposer une créature hybride (le predalien) assurément laide et filmée avec les pieds. La plupart des critiques assassines enterrant le long métrage de Greg et Colin Strause, la Fox abandonne toute idée de suite et met fin au massacre.

Il faudra attendre l’arrivée de Prometheus en 2012 pour relancer l’intérêt d’un public quelque peu craintif mais porteur d’espoir : le préquel est en effet réalisé par Ridley Scott, initiateur de la saga qui revient donc aux sources de sa mythologie. Doté d’un budget confortable, le film emballe tout le monde sur la forme grâce à une magnifique mise en scène léchée, mais divise sur le fond suite à une désagréable impression de vide. Le scénario enchaîne effectivement les grosses ficelles voire incohérences narratives, proposant une réflexion pourtant pas inintéressante mais pompeuse sur les origines de l’humanité, et déçoit sur un élément majeur : aucun alien à l’horizon !

Faute (si l’on peut dire) rattrapée en 2017 par un Alien Covenant malheureusement tout aussi mitigé, Ridley Scott cherchant à se réapproprier une saga qui lui a échappé quitte à en modifier les fondements mêmes (L’alien serait en fait la création d’un androïde psychopathe, sérieusement ?). Le réalisateur va même jusqu’à faire annuler le fameux projet d’Alien 5 de Neill Blomkamp (District 9, Elysium) qui aurait vu le retour en grâce de Sigourney Weaver dans le rôle titre. Un belle occasion manquée, qui risque de ne pas se reproduire de sitôt suite au rachat de la Twentieh Century Fox par Disney, ou comment les intérêts économiques importent souvent bien plus qu’une certaine assurance artistique.

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TERMINATOR

Peu soutenu par un studio qui n’y voit qu’une simple série B, James Cameron tourne le premier Terminator pour environ 6,4 millions de dollars. Basé en partie sur un de ses cauchemars alors qu’il est malade, le réalisateur construit l’image d’une infernale machine à tuer grâce à un film âpre et violent à la mise en scène ingénieuse, contaminant ainsi tout un pan de l’imaginaire collectif à sa sortie en 1984. Au delà d’amorcer une franchise majeure de la science fiction, Terminator interroge avant tout sur notre rapport à la technologie de l’époque et les conséquences de son évolution, offrant une vision sombre et funeste de notre propre avenir.

Une thématique renforcée dans le deuxième opus Terminator 2 : Le Jugement Dernier en 1991, merveilleusement illustré par le développement inédit de ses effets spéciaux : disposant enfin des moyens qui lui manquaient sur le premier film, James Cameron permet à son long métrage de marquer une étape importante dans la révolution des techniques 3D et autres morphing. Immense succès à sa sortie, le film se paye également le luxe de développer intelligemment ses personnages : alors que Sarah Connor passe de victime pourchassée à tueuse sans concessions, la figure du Terminator se mue en un garde du corps dévoué, le personnage se classant à la fois dans les vilains et héros préférés de toute une génération.

Alors que la saga aurait pu se conclure à la fin de son deuxième opus, Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines rabat les cartes en 2003, aidé d’une pirouette scénaristique quelque peu opportuniste : le fameux jugement dernier n’a pas été annulé, mais seulement repoussé. L’occasion de voir Arnold Schwarzenegger reprendre son rôle au sein d’une nouvelle intrigue qui questionne avant tout sur son utilité. La féminisation du nouveau méchant, le T-X, n’est pas inintéressante, mais semble trop légère pour justifier l’existence du film de Jonathan Mostow, dont les thèmes commencent à tourner en rond. Ni mauvais ni très bon, Terminator 3 fait donc le job à défaut d’être nécessaire, ce qui n’est pas si mal quand on observe la suite des évènements.

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Pensé pour être le départ d’une nouvelle trilogie, Terminator 4 : Renaissance stigmatise à lui seul l’envie de recyclage d’un studio désireux de surfer sur le succès de la franchise. Se déroulant cette fois ci dans le futur post-jugement dernier, le long métrage de McG propose en 2009 une relecture du mythe au travers de nouveaux personnages à l’exception de John Connor. Exit Arnold Schwarzenegger (élu entre temps Gouverneur de la Californie en 2006), le film a tout de même le mérite de relancer la saga sur de nouveaux rails, que beaucoup de fans ne pardonneront malheureusement pas. Souffrant de réécritures incessantes et d’un tournage houleux (le fameux pétage de câble de l’acteur principal Christian Bale sur un technicien de plateau fait alors le tour des réseaux sociaux), Terminator 4 ne parvient pas à convaincre malgré une mise en scène soignée, anéantissant ainsi les projets du studio.

Mais c’est sans compter sur la persévérance de la maison de production Skydance, qui lance en 2015 le cinquième volet Terminator : Genisys. Entre le remake/reboot/suite ou prequel, l’identité du long métrage se montre bien trop hasardeuse pour enthousiasmer un public qui n’y croit déjà plus : proposant une nouvelle formule qui vise à reprogrammer la mythologie de la franchise à grands coups de voyages dans le temps et autres réalités alternatives, le film d’Alan Taylor (Thor : Le Monde Des Ténèbres, quelques épisodes de Game Of Thrones) se perd dans un gloubi boulga narratif au scénario foutraque, malmené par une mise en scène riche de pauvreté. Et ce n’est malheureusement pas le retour de Schwarzenegger ou l’arrivée d’Emilia Clarke au casting (Daenerys dans … Game Of Thrones tiens) ni les éloges forcées de Cameron qui le sauveront de l’échec critique, malgré un box-office mondial respectable (440 Millions de dollars) quoiqu’en dessous des attentes.

N’ayant pas dit son dernier mot, la franchise increvable opte alors pour une étonnante remise à niveau en 2019, à l’image du dernier Halloween de David Gordon Green : zappant ouvertement les opus 3, 4 et 5, Terminator : Dark Fate se veut une suite directe aux deux premiers films, cherchant par là à s’appuyer sur leur succès publique et critique. Le studio assume son rétropédalage jusqu’à faire revenir l’actrice Linda Hamilton dans la peau de Sarah Connor, vétérante des premiers volets, et renommer la menace Skynet en Legion. Pourtant produit par James Cameron himself, le film de Tim Miller se vautre inévitablement dans une redite forcée, terminant d’achever une saga qui s’auto-cannibalise depuis bien trop longtemps.

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JURASSIC PARK

Certainement l’exemple qui s’en sort le mieux en termes d’accueil publique, la saga Jurassic débute en 1993 avec le célèbre Jurassic Park de Steven Spielberg. Adapté du roman éponyme de Micheal Crichton publié seulement trois ans auparavant, le film gagne rapidement son statut emblématique grâce à ses effets spéciaux hors du commun pour l’époque : première apparition des images de synthèse (les fameux CGI), c’est la première fois que le public découvre une créature entièrement générée par ordinateur, réalisant par là le rêve de gosse de nombreux spectateurs n’ayant jamais eu la chance de contempler de « vrais » dinosaures sur grand écran.

Aidé par un propos écologique pertinent, un rythme adéquat et des personnages facilement identifiables, Jurassic Park a le mérite de ne pas voir vieillir ses effets numériques avec le temps, et ne tarde pas à développer une suite, toujours réalisée par Steven Spielberg. Le Monde Perdu débarque donc en 1997 après un tournage confus pour son réalisateur, à peine sorti de l’éprouvant La Liste de Schindler. Le ton du film s’en ressent quelque peu, ne serait ce que dans sa séquence d’ouverture plus sombre qui suggère une jeune fillette dévorée par de petits compsognathus affamés.

En plus de contenir l’une des séquences les plus marquantes de la saga (l’attaque du T-Rex à San Diego), Le Monde Perdu regorge de passages inventifs et haletants, malgré une cadence globale moins maîtrisée. S’ensuit la mise en place d’un troisième opus que Spieblerg refusera de mettre en boîte, laissant sa place à Joe Johnston, alors derrière les succès de Chérie J’ai Rétréci les Gosses et Jumanji. Emballant un vrai récit d’aventures à l’ancienne avec une technicité appréciable, le long métrage souffre cependant d’une direction d’acteurs qui laisse à désirer, sans parler d’un manque d’originalité qui lui fait cruellement défaut. Enjeux simplifiés, rebondissements poussifs, gags qui tombent à plat (le vélociraptor qui s’adresse à Alan Grant dans son rêve, on en parle ?), Jurassic Park 3 ne décolle jamais vraiment, décevant une grande partie du public.

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Loin de se décourager, le studio Universal envisage tout de même un quatrième volet pour 2005, toujours réalisé par Joe Johnston. Mais après de nombreuses réécritures, des premiers designs douteux (le scénario envisageait une race de dinosaures hybrides et mutants, idée heureusement vite abandonnée) et les morts successives de Michael Crichton et du concepteur visuel Stan Winston, le projet retombe dans les légendaires limbes hollywoodiennes. Jusqu’à l’arrivée de Colin Trevorrow sur le projet (vous savez, celui qui s’est fait renvoyer du dernier Star Wars) en 2015 et la sortie en salles de Jurassic World, départ d’une nouvelle trilogie.

Optant pour le « soft reboot« , le quatrième film se veut donc à la fois une suite et un nouveau départ de la franchise, renouvelant ainsi l’entièreté de son casting (le bankable Chris Pratt apparu dans Les Gardiens de la Galaxie un an pus tôt, et la jolie Bryce Dallas Howard, réalisatrice d’un des épisodes de The Mandalorian) et replaçant l’intrigue dans un nouveau parc ayant ouvert au public. Jouant avec les attentes du spectateur (« Les gens ne sont plus impressionnés par les dinosaures, ils veulent voir plus gros, plus fort » cite le personnage de Claire Dearing dans le film), Jurassic World met en abîme son propre triomphe passé, nostalgique d’une ancienne réussite.

Et le succès est au rendez vous : avec 1,671 milliard de dollars au box office mondial, le long métrage s’assure un avenir des plus radieux auprès d’un public encore en demande. Si le film de Trevorrow se pense et se vit plutôt comme une attraction à l’image de son immense nouveau parc, certains y dénoncent tout de même une certaine paresse scénaristique et manque de propos pertinent, en plus d’un sexisme malvenu dans le traitement de son personnage principal féminin (courir avec des talons, ça plait pas à tout le monde visiblement). Mais le débat n’empêchera pas la saga préhistorique de lancer son cinquième volet, rentabilité oblige.

Réalisé par J.A.Bayona (derrière le film d’horreur espagnol L’Orphelinat et le déchirant The Impossible), Jurassic World : Fallen Kingdom débarque sur les écrans en 2018 et rafle à nouveau 1,3 milliard de recettes. La critique apprécie une mise en scène plus inspirée que le précédent, cherchant à redorer le statut menaçant des dinosaures en optant pour une approche plus sombre et fantasmatique (notamment les scènes de cache-cache dans le manoir), bien qu’elle déplore à la fois le côté interchangeable d’un blockbuster lambda par excellence.

Un retour gagnant pour Universal donc, qui ne compte bien sûr pas en rester là, un sixième chapitre ayant déjà commencé sa production : Jurassic World : Dominion verra ainsi le retour de Colin Trevorrow aux manettes en 2021, et devrait réunir la quasi totalité du casting du tout premier film ainsi que des deux précédents opus … Nostalgie, quand tu nous tiens.

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Au delà des quatre sagas incontournables citées plus haut, les exemples plus ou moins réussis de retours, suites, reboots ou préquels chez Hollywood ne se comptent plus : l’appréciable come-back de Mad Max : Fury Road en 2015, le troisième reboot de Spider-Man chez Marvel Studios en 2017, la nouvelle trilogie de La Planète des Singes, le regrettable La Momie porté par Tom Cruise, le quatrième Scream en 2011, le prochain SOS Fantômes : l’Héritage en 2021 … ne représentent à eux seuls qu’une infime partie d’un iceberg loin de se laisser fondre.

Telle une danseuse étoile en perpétuelle recherche de sa gloire d’antan, l’industrie hollywoodienne surprend ces dernières années par son manque de propositions novatrices, mais est ce réellement sa faute ? Face à un public plus à l’aise avec ce qu’il connait déjà (des personnages familiers, un univers madeleine de proust, un genre qu’il apprécie ou une suite attendue), exposer un nouveau contenu méconnu des spectateurs représente forcément une prise de risque économique à défaut d’être artistique, confortant la plupart des studios à prôner leurs acquis. Au delà d’un regard certes capitaliste (ne nous voilons pas la face), qui pourrait bien les en blâmer ?

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