THE OUTSIDER Saison 1 : Stephen King peut-il en être fier ?

the outsider geeklic.com critique

Au milieu des nombreuses adaptations plus ou moins réussies de Stephen King parues ces dernières années (The Shining, Under The Dome, Ça-Partie 1 et 2 …), inutile de préciser que chaque nouveauté liée au romancier semble attendue au tournant. Il n’a donc pas fallu longtemps à HBO (derrière les mastodontes Game Of Thrones, Westworld ou encore Big Little Lies) pour acheter les droits d’un des derniers livres de l’écrivain à succès, mettant pleinement les pieds dans un genre que le network avait jusque là délaissé quelque peu : l’horreur.

LONG LIVE THE KING

Publié en 2018 (2019 en France), le roman The Outsider raconte la même histoire que la série : le corps atrocement mutilé d’un petit garçon est retrouvé dans une petite ville de l’Oklahoma, les empreintes digitales présentes sur les lieux du crime désignant aussitôt comme coupable le pourtant sympathique Terry Maitland. Mais les apparences ne semblent pas ce qu’elles semblent être, l’affaire prenant une tournure de plus en plus étrange … Ou comment basculer l’intrigue dans une ambiance fantastique délicieusement anxiogène et poisseuse.

Mini série de dix épisodes à la mise en scène soignée et au casting alléchant (on y retrouve notamment le surprenant Ben Mendelsohn, apparu dans Captain Marvel), The Outsider vient très vite se placer dans le sillage de la première saison de True Detective (également diffusée sur HBO en 2014) sans toutefois chercher à vulgairement la copier. Trouvant de ce fait rapidement sa propre voie, le show illustre et prend parfaitement en compte l’univers et les codes de King, y trouvant là sa force principale. Loin de certains standards tonitruants (American Horror Story en première ligne par exemple), la série préfère prendre son temps, laissant ainsi suffisamment d’espace à ses personnages principaux pour exister en questionnant notamment leurs doutes et émotions les plus profonds.

The Outsider avance à son propre rythme, amorçant par là une lente et inexorable montée en puissance : l’intrusion progressive d’éléments surnaturels et horrifiques dans ce qu’on pense au départ être une fiction policière classique. Les trois premiers épisodes parsèment effectivement au compte-goutte certains indices par le biais d’une rupture de montage minime discrètement mise en marge, basculant le spectateur lentement mais sûrement vers le paranormal : une étrange silhouette observant les scènes de crimes, une fillette qui voit un inconnu dans sa chambre la nuit, une substance organique visqueuse retrouvée dans une grange … Le tout grâce à une mise en scène équilibrée, qui évite tout sursaut facile.

the outsider geeklic.com critique
CROIRE OU NE PAS CROIRE

Ce qui intrigue et participe grandement à la réussite de la série n’est pas l’élément fantastique en lui même, mais plutôt les réactions psychologiques qu’il déclenche autour de lui, ou comment l’humain basique réagit face à l’irrationnel. Car si l’entité concernée parvient ici à prospérer, c’est avant tout par la faute des hommes, bien trop pragmatiques pour croire en elle. Certains y verront là une certaine dualité de la foi religieuse, ou comment devons nous croire ou non. Une bascule chimérique et surnaturelle symbolisée par l’arrivée du personnage lunaire d’Holly Gibney (la convaincante Cynthia Erivo), première personne à élargir sa perception des évènements sur l’enquête.

Au delà de certaines séquences horrifiques très efficaces et terriblement marquantes, le show s’accompagne également d’une superbe direction artistique et photographique. Insistant sur les couleurs jaunies délavées afin de mieux illustrer le caractère putrescent de l’histoire, celle ci trouvera d’ailleurs sa conclusion dans un climax des plus captivants quoique dérangeant, qui a le mérite de ne basculer à aucun moment dans le grotesque. Un sentiment de boucle bouclée satisfaisant, à l’heure ou de nombreuses séries se terminent inlassablement en cliffhanger pour annoncer leur prochaine saison.

Abordant les thématiques délicates de la rédemption et du deuil de l’enfant, The Outsider semble donc avant tout tenir du récit dramatique que du genre purement horrifique. Narrativement maîtrisée, la série sait ainsi se montrer aussi bien effrayante que touchante grâce à une écriture d’une sensibilité appréciable. Une bien belle réussite la classant parmi l’une des meilleures adaptations de King, le romancier l’ayant lui même salué. Si ça c’est pas la classe !

the outsider critique geeklic.com

A voir également

DARK Saison 3 : Un véritable tour de force

VIDEO – BLACK MIRROR : Pourquoi la série est terrifiante de vérité

X-FILES : Pourquoi la série s’est perdue en cours de route ?

DARK, LOST, WESTWORLD, PRISON BREAK … Les séries « high concept » sont elles faites pour durer ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *