POSE : Une véritable ode à la tolérance

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Diffusée par la chaine américaine FX en 2018 puis relayée par Canal + en France, Pose s’est rapidement imposée comme le must see incontournable de ces dernières années, à l’impact culturel indéniable. Crée par le prolifique Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, la prochaine Hollywood sur Netflix), la série prend place dans le New York des années 80, suivant le quotidien d’une jeunesse gay et trans au sein d’un univers encore méconnu : la culture ball.

COME ON, VOGUE !

Référence évidente au tube Vogue de Madonna, qui décrit une danse où il est question de « prendre la pause », le show nous plonge ainsi dans les coulisses de la communauté LGBT de l’époque, dont le seul moyen d’expression s’illustre par le biais de ces fameux « bals » : des concours de beauté impitoyables où les exclus peuvent enfin s’exprimer, défilant selon une thématique donnée. Le but ? Adapter son style pour mieux incarner la catégorie sociale imposée (royauté, femme d’affaire) ou comment faire semblant d’intégrer les milieux qui leur sont pourtant refusés en raison du genre ou de l’orientation sexuelle.

Disposant de la plus large distribution transgenre de l’histoire de la télévision, Pose enchaine les révélations grâce à un casting à la limite de la perfection : MJ Rodriguez (Blanca), Indya Moore (Angel) ou encore Dominique Jackson (Elektra) sont étonnantes de justesse, apportant un supplément d’émotion rarement atteint à leurs personnages respectifs. Accompagnés par quelques têtes connues comme James Van Der Beek (l’ancien Dawson) et Evan Peters (aperçu dans American Horror Story), la série impose une écriture psychologique subtile et réaliste à chacun de ses protagonistes, élevant le statut des femmes transgenres (autrefois habituées à n’être qu’un quota supplémentaire dans les séries plus grand public) à un niveau multidimensionnel bienvenu. Ou comment briller par le biais de personnages creusés par une véritable personnalité.

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A LA FOIS NOSTALGIQUE ET ACTUELLE

Si l’on peut reprocher à Pose de se baser sur des enjeux plutôt connus (un jeune ado gay renié par sa famille qui rêve d’être danseur, une prostituée transsexuelle qui tombe amoureuse d’un trader hétéro marié, une compétition incisive sur le dancefloor …), c’est avant tout pour mieux inviter le spectateur à découvrir un univers méconnu au travers d’un contexte dramaturgique simple mais efficace, chaque protagoniste éclairant à sa manière la difficulté d’être soi dans un monde encore effrayé par la différence. Un thème des plus actuels, la communauté LGBT connaissant encore la violence et la discrimination de nos jours.

La culture ball devient ainsi rapidement compréhensible grâce à une réalisation claire et sincère, définissant ses grands principes et systèmes de clans au sein d’un univers haut en couleurs. Longuement filmés sur fond de musique pop / disco de l’époque, les concours de voguing s’avèrent particulièrement jouissifs dans leur démesure, leur extravagance et leur beauté, apportant à la série une tension efficace même si elle ne tourne pas seulement autour de cela.

Alors que Wall Street cherche à refaçonner l’Amérique de Reagan et Trump, le contexte de l’époque permet également d’aborder les ravages du sida dans les années 80, élargissant le propos critique, culturel et humain du show, toujours au travers de ses personnages plus que convaincants. Car c’est avant tout dans les tensions intimes que la série convainc le plus , lorsqu’apparaissent sous les postures pailletées de vraies personnalités fragiles, entières et authentiques.

Alors que sa seconde saison diffusée en 2019 s’est malheureusement montrée plus brouillonne et relâchée, Pose reste avant tout un show extraordinaire et engagé, rejoignant voire surpassant les rares séries communautaires telles que Queer As Folk, The L Word ou encore la très appréciable Looking. Dévoilant un monde forcé de briller dans l’ombre de manière naturelle et sensée, la série reste avant tout le porte étendard des exclus, des discriminés et des oubliés. Véritable ode à la tolérance et à l’humanisme, Pose s’impose donc comme une leçon de vie progressiste, dont le mérite ne semble pas des moindres, si ce n’est de simplement exister.

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