HOMELAND Saison 8 : Comment tirer sa révérence

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Lancée sur la chaine américaine Showtime en 2011, Homeland est arrivée au bout de sa huitième et dernière saison la semaine dernière, d’où l’occasion rêvée de revenir sur un show pas comme les autres … Imaginée par Alex Gansa, la série se concentre sur le personnage de Carrie Mathison (interprétée par l’impeccable Claire Danes), une agent de la CIA qui suspecte un prisonnier de guerre récemment libéré d’être un agent double préparant un attentat contre les États-Unis.

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Salué par la critique lors de ses premières saisons, le show d’espionnage gagne rapidement un statut incontournable mérité grâce à une écriture subtile et complexe évitant tout manichéisme. A la fois subversive et nerveuse, Homeland a effectivement toujours su dresser un tableau d’enjeux géopolitiques des plus crédibles, se basant notamment sur de nombreux faits d’actualité (le bombardement des drones américains en Afghanistan, les menaces d’attentats revendiqués par l’État Islamique, le danger des fake news, les chefs de gouvernement ingérables …) allant jusqu’à inverser les rôles dans cette dernière saison avec un leader terroriste d’Al-Qaïda réclamant la paix face à un président des États-Unis prêt à déclarer la Guerre.

Se définissant comme une alternative plus réaliste que sa consœur 24 Heures Chrono, Homeland reste avant tout le show de Carrie Mathison : une jeune femme bipolaire dont la maladie symbolise parfaitement la paranoïa d’une Amérique post 11 Septembre, où il devient de plus en plus difficile de distinguer les gentils des méchants. Et si la série s’est parfois montrée inégale selon les saisons, l’ultime chapitre a la bonne idée de mettre de nouveau son héroïne au premier plan comme jamais.

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RETOUR AUX SOURCES

Séquestrée par les russes durant plusieurs mois sans son traitement puis relâchée, Carrie revient traumatisée, méconnaissable voire amnésique, la CIA ne tardant pas à la suspecter d’être devenue une agent double du KGB. A l’instar du personnage de Brody dans les premières saisons, la jeune femme se retrouve ainsi dans la même position narrative, permettant alors au show de revenir sans mal à ses propres racines et thèmes de prédilection : la trouble frontière entre le patriotisme forcené et la trahison pure et simple.

Centrée cette fois ci sur le conflit avec les Talibans, cette huitième saison ne perd pas de temps grâce à un rythme plus soutenu, Homeland nous ayant pourtant habitué à de plus longues montées en puissance. Réservant son lot de twists et rebondissements inattendus, la série prend plaisir à fragiliser la relation mentor / élève de Saul et Carrie, faisant flirter son héroïne avec le doute en même temps que les spectateurs. Le discours patriotique de Brody au début du dernier épisode enfonce le clou : alors que l’ancien soldat n’a cessé de hanter Carrie durant toute la série, la jeune femme se rend rapidement compte qu’elle en est devenue son reflet le plus authentique, pérennisant la sensation de boucle bouclée du show.

Ce n’est effectivement pas pour rien que l’épisode final s’intitule Prisoner Of War, titre américain de la série d’origine israélienne Hatufim dont Homeland est l’adaptation directe. Optant pour une fin ouverte après une dernière intrigue plus qu’haletante (même si un éventuel retour n’est pas à l’ordre du jour), la série nous offre une lueur d’espoir dans une dernière séquence émouvante, rythmée par un somptueux morceau de Jazz, style musical emblématique de la série jusqu’au thème de son générique. Une conclusion logique et satisfaisante pour le personnage de Carrie, qui a toujours fait passer les intérêts de son travail avant sa propre famille, notamment sa sœur et sa fille Franny.

A l’heure ou de nombreuses fins bancales et bâclées déçoivent (coucou Game Of Thrones !), le show a ainsi le mérite de se terminer plus que convenablement au bout de huit saisons qui ont toujours su se renouveler, aussi disparates soient elles. Dans un monde où les intrigues étirées dispensables sont légion, rares sont les séries telles qu’Homeland à avoir su garder un tel niveau de qualité sur toute leur durée. Bye bye Carrie, et chapeau bas.

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