UNDERWATER : Plaisir coupable ou gros navet ?

underwater geeklic.com critique

Sorti sur les écrans français le 8 Janvier 2020, Underwater débarque ce vendredi 8 Mai sur les plateformes de streaming, où comment ne pas passer à côté d’un honnête petit spectacle horrifique nostalgique. Suite à un tremblement de terre, le long métrage de William Eubank (The Signal) suit les survivants d’une station sous-marine de forage essayant de rejoindre la surface. Mais quelque chose dans les profondeurs semble s’être réveillé …

DANS L’OCÉAN, PERSONNE NE VOUS ENTEND CRIER

Un pitch tout droit sorti des années 80, qui pourtant ne cache pas son efficacité dés les premières minutes, le film s’emballant rapidement dans une course contre la montre survivaliste qu’il parviendra à tenir jusqu’au bout de ses 95 minutes sous haute tension. Porté par une Kirsten Stewart (Twilight, Still Alice) convaincante et un Vincent Cassel plutôt à l’aise, le long métrage ne perd effectivement pas de temps en cherchant à prendre le chemin le plus court vers l’action et le suspense, faisant alors de l’urgence et la survie ses principaux moteurs.

Nous épargnant de ce fait les habituelles scènes de présentation conventionnelles voire convenues, Underwater joue clairement sur le terrain de la référence assumée : Alien, Abyss, Un Cri dans l’Océan ou encore Leviathan, tous représentant un genre cinématographique à part entière quelque peu délaissé ces dernières années, qui n’est autre que le film de monstre. Le personnage campé par Kirsten Stewart semble d’ailleurs être un rappel évident à celui de Ripley dans la saga des xénomorphes, le réalisateur William Eubank poussant le vice jusqu’à quasiment reproduire la même séquence d’ouverture que le film de Ridley Scott : de long plans panoramiques présentant les couloirs vides de la station sous-marine, renforçant l’idée d’un environnement hostile où l’humanité semble avoir déserté les lieux.

underwater geeklic.com critique

Le spectateur ne peut alors que se laisser prendre au jeu du chat et de la souris, suivant un mode opératoire familier même s’il s’avère parfois éculé : en gros, les héros doivent survivre étape par étape à mesure que la menace se précise, une mystérieuse et excitante créature dévoilant peu à peu son visage de l’obscurité aquatique, respectant ainsi à la lettre les codes du genre avec un plaisir non dissimulé.

Car si Underwater se contente toutefois du programme habituel quitte à manquer un peu de saveur, la mécanique répétitive retranscrit bel et bien une certaine volonté de son metteur en scène, flirtant ici et là avec l’hommage appuyé à tout pan de la culture cinématographique en matière série B. A condition bien entendu que le spectateur en accepte les grosses ficelles scénaristiques, mais n’est-ce pas là la particularité de tout bon film de monstre qui se respecte ?

DANS L’OCÉAN, PERSONNE NE VOUS ENTEND VOUS PLAINDRE

Le scénario reste effectivement sobre, ne s’embarrassant à aucun moment de personnages trop caractérisés pour ne pas alourdir le déroulé de son récit, préférant ainsi avancer à leur rythme. Côté visuel, la technicité semble également de mise, le long métrage disposant d’un budget confortable avoisinant les 80 millions de dollars (à l’image du récent Life de Daniel Espinosa, dernière incursion horrifique en date se déroulant dans l’Espace) qui joue en sa faveur.

Offrant quelques tableaux effrayants aux visions abyssales cauchemardesques, la photographie soignée de Bojan Bazelli (déjà derrière celle de A Cure For Life de Gore Verbinski) illustre parfaitement l’atmosphère anxiogène du film, alternant les intérieurs métalliques ensevelis de la station et les extérieurs sombres et vaseux des profondeurs, tel un piège obscur se refermant sur les protagonistes.

Renouvelant sans cesse son terrain de jeu, la caméra n’hésite également pas à s’embarquer dans les combinaisons des personnages, renforçant ainsi le sentiment de claustrophobie au plus proche de leur visage. La créature aux allures lovecraftiennes finit par impressionner lors d’un climax certes classique mais qui fait son effet, accompagné d’une partition de Marco Beltrami (derrière le thème de Scream) et Brandon Roberts aux sonorités angoissantes bienvenues.

Underwater se présente donc comme un divertissement horrifique plus qu’honnête, mené avec suffisamment de savoir faire pour combler l’amateur du genre. Véritable déclaration d’amour au film de monstre oublié, le long métrage se déguste comme un petit plaisir pas si coupable que ça, le tout sans aucune modération. Pire, on en redemande.

underwater geeklic.com critique

A voir également

VIDEO – UNDERWATER : Plaisir coupable ou gros navet ?

INVISIBLE MAN : Enfin un film d’horreur intelligent ?

DARK / LOST / WESTWORLD / PRISON BREAK … Les séries « high concept » peuvent-elles durer ?

KINGDOM Saison 2 : Vent de fraîcheur chez les Zombies ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *