LES NOUVEAUX MUTANTS : Grosse arnaque ?

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Deux ans et cinq reports de sortie plus tard, Les Nouveaux Mutants de Josh Boone débarque enfin sur nos écrans, après avoir bravé un véritable parcours du combattant pour voir le jour (Merci les reshoots et le rachat par Disney). Si ce n’est pas forcément une raison pour excuser ses facilités et prôner l’indulgence, que penser honnêtement du « premier film d’horreur » made in Marvel ?

TOUT ÇA POUR ÇA ?

Un premier constat s’impose dés le générique de fin : Les Nouveaux Mutants n’est pas la purge artistique redoutée (suite à ses conditions de production chaotiques) Ouf ! … Mais il n’est malheureusement pas un très bon film non plus. Le pitch de base était pourtant prometteur : détenus dans un mystérieux hôpital contre leur volonté, cinq nouveaux mutants apprennent à apprivoiser leurs dons lorsqu’ils sont traqués par une entité maléfique.

Le film de Josh Boone ne manque effectivement pas d’ambition, cherchant à se démarquer du style super héroïque (le long métrage appartenant à l’univers X-Men de la Fox) en y intégrant ici et là quelques notes horrifiques bienvenues. Mais ce serait sans compter sur un souci d’application évident, la terne mise en scène ne suivant visiblement pas les intentions du réalisateur. Qu’il s’agisse du décor, de l’ambiance ou du scénario, rien ne semble suivre correctement les canons du genre.

L’idée d’un hôpital austère et abandonné n’est cependant pas mauvaise en soi, bien au contraire. Sorte d’asile psy aux faux airs d’American Horror Story, le film de Boone dispose d’un terrain de jeu intéressant pour développer les peurs les plus intimes de ses personnages … Néanmoins, Les Nouveaux Mutants ne parvient jamais vraiment à instaurer une véritable ambiance, la caméra ne s’emparant que trop rarement des lieux pour dégager une atmosphère qu’on aurait voulu plus anxio / claustro / suffo.

Le montage trop haché ainsi que la courte durée du film (à peine 90 min) n’aide clairement pas, le tout saupoudré de quelques jumpscares faciles et prévisibles. Un premier film d’horreur estampillé Marvel qui ne fait pas peur, voilà qui est embêtant … Certaines visions glauques s’avèrent tout même efficaces (les inquiétants smiley-men, le cadavre brûlant …) mais ne se comptent seulement que sur les doigts d’une main. Un joli gâchis tant le sentiment que le long métrage aurait pu mieux faire prédomine …

I KNOW WHAT YOU SCREAMED LAST SUMMER

Les Nouveaux Mutants se rattrape cependant côté casting, l’alchimie entre le groupe d’adolescents fonctionnant sans trop de difficulté. Maisie Williams (Game Of Thrones) et Charlie Heaton (Stranger Things) se démarquent clairement malgré une écriture pas toujours subtile, rappelant les heures de gloire d’un certain Scream ou la mode des acteurs de série à l’affiche des slashers des années 2000. Mention spéciale également à Ana Taylor-Joy (Split, The Witch), parfaite dans le rôle de la nonchalante mais attachante Magik, aussi badass que Captain Marvel version ado.

A la fois teen movie, film horrifique et blockbuster super héroïque, le long métrage multiplie les casquettes (une bonne chose) jusqu’à malheureusement ne plus vraiment savoir laquelle choisir (un peu moins bien), avouant ainsi une perpétuelle recherche d’identité à défaut d’assumer pleinement un genre en particulier. Même le sous texte métaphorisant les troubles de l’adolescence n’est ici qu’effleuré, synonyme d’une énième occasion manquée malgré les évidentes références à Buffy Contre Les Vampires en la matière, qui prêtent à sourire. Sympathique, mais pas suffisant.

Ni bon ni mauvais, Les Nouveaux Mutants se contente donc de faire le job sans éclats, survolant ses bonnes intentions (le côté horrifique, le traitement de ses personnages) pour livrer une sorte de téléfilm de bonne facture. Dernier tour de piste pour l’univers X-Men (bientôt rebooté chez Marvel Studios au sein de son MCU), le film de Boone tourne vite fait la page, sans doute aidé par les studios Disney désireux de s’en débarrasser au plus vite. Frustrant.

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